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Camille d’Essayage
Beauté

Routine visage naturelle : que vaut la mention sur l’étiquette

· 14 septembre 2026 · 7 min de lecture

Femme examinant un pot de soin et son emballage

« Naturel », « d’origine naturelle », « bio », « sans » : quatre mots, quatre sens, souvent posés côte à côte sur le même flacon. Savoir ce que vaut une routine visage naturelle suppose de séparer ce qu’un texte définit, avec des seuils, de ce qui n’est qu’un argument de vente. Certains de ces mots ont bel et bien une définition encadrée, mais pas toujours celle que laisse entendre l’emballage, et aucun d’eux ne dit si le produit sera bien toléré par la peau.

En bref

  • La mention « naturel » a une définition : « non transformé, sauf par des actions mécaniques traditionnelles » ; au-delà de 95 % d’ingrédients naturels ou d’origine naturelle, l’allégation peut désigner le produit entier, en dessous le pourcentage doit être indiqué, d’après la DGCCRF.
  • Le terme « bio » ne peut désigner le produit entier que si 100 % de ses ingrédients sont biologiques ; sinon, le taux doit être indiqué.
  • La liste des ingrédients est obligatoire et classée par ordre décroissant d’importance pondérale, les ingrédients de moins de 1 % pouvant figurer dans le désordre à la fin.
  • Naturel ne veut pas dire plus doux : des actifs naturels fortement concentrés peuvent irriter une peau sensible, et tout nouveau produit se teste d’abord sur une petite zone.

Que veut dire « naturel » sur un cosmétique ?

Cela dépend du mot exact, car la DGCCRF distingue plusieurs termes aux sens différents. Ses définitions s’appuient sur le règlement REACH et sur la norme NF ISO 16128, qui sont des références pour les professionnels.

MentionCe qu’elle désigneCondition pour qualifier le produit entier
NaturelNon transformé, sauf par des actions mécaniques traditionnellesPlus de 95 % d’ingrédients naturels ou d’origine naturelle ; en dessous, le pourcentage est indiqué
Dérivé de naturelMatière naturelle ayant subi des transformations chimiques de faible ampleur et en nombre limitéSon taux de naturalité peut être inférieur à 100 %
D’origine naturelleExpression non définie par REACH ; la norme ISO 16128 y inclut le naturel et le dérivé de naturelUn dérivé de naturel peut porter cette mention si son taux de naturalité est strictement supérieur à 50 %
BioLa norme ISO 16128 n’en donne pas de définition autonome et renvoie à la législation ou à des normes internationales100 % d’ingrédients biologiques ; en dessous, le taux est indiqué ou la mention accompagne seulement les ingrédients concernés

Deux détails changent la lecture d’un pourcentage. L’eau de formulation n’est pas « bio », car elle est assimilée à un minéral : dans un produit fluide qui en contient beaucoup, le taux final de bio peut en sortir nettement réduit sans que la composition soit moins soignée. Et un savon, même artisanal, ne peut pas être qualifié de « naturel », puisqu’il résulte toujours d’une transformation ; il peut en revanche être présenté comme fabriqué à partir d’ingrédients naturels.

Les labels visent des seuils fixés dans un cahier des charges. La Société française de dermatologie rappelle que les labels « Bio » ou « Ecocert » assurent qu’au moins 95 % des ingrédients sont d’origine naturelle, ce qui laisse jusqu’à 5 % d’autres ingrédients. Une enquête de la DGCCRF menée en 2019 a montré que subsistaient des allégations insuffisamment étayées, sur le « bio », le « naturel » et les mentions associées, comme le bien-être animal ou l’environnement.

Comment lire une liste d’ingrédients sur un cosmétique ?

En repérant trois éléments que le règlement européen sur les produits cosmétiques rend obligatoires sur le récipient et l’emballage.

  1. La liste est précédée du mot « ingrédients » et utilise la dénomination commune du glossaire européen, dite INCI.
  2. Elle suit l’ordre décroissant d’importance pondérale au moment de l’incorporation dans le produit : les premiers termes dominent la formule.
  3. Les ingrédients présents à moins de 1 % peuvent être cités dans le désordre, après les autres : au bas de la liste, l’ordre ne dit plus rien de leur proportion.

Un actif vanté sur le devant du flacon mais cité en fin de liste est donc présent en faible quantité. Le détail de l’enchaînement des gestes est dans l’ordre d’une routine de soin du visage.

Naturel veut-il dire plus doux pour la peau ?

Non. La Société française de dermatologie écrit que les actifs naturels peuvent irriter une peau sensible, surtout lorsqu’ils sont fortement concentrés, et suggère de commencer par des produits sans huile essentielle.

Elle liste d’autres ingrédients à surveiller selon la peau : les parfums, à écarter d’abord en cas de peau très réactive ou d’antécédent d’allergie de contact, les protéines végétales comme celles de l’avoine ou du blé, qui peuvent provoquer des allergies, et les détergents tels que le laurylsulfate de sodium, qui peuvent abîmer la barrière cutanée. Ce sont la substance, sa concentration et la sensibilité de la peau qui décident, pas l’origine.

Mieux vaut donc tester tout nouveau produit sur une petite zone peu visible avant de l’étendre, et le choisir adapté au type de peau, plutôt que se fier à la mention ou au prix.

Que peut promettre une étiquette, et que ne peut-elle pas ?

Elle ne peut attribuer à un produit des caractéristiques ou des fonctions qu’il ne possède pas, d’après l’article 20 du règlement sur les produits cosmétiques. Un règlement de la Commission européenne fixe en plus les critères communs auxquels toute allégation doit répondre.

CritèreCe qu’il interdit ou impose
VéracitéMentionner la présence d’un ingrédient absent du produit, ou laisser entendre que le produit fini a les propriétés d’un ingrédient quand ce n’est pas le cas
Éléments probantsAttribuer au produit fini les propriétés d’un ingrédient exige des données attestant une concentration efficace de cet ingrédient dans le produit
SincéritéLes effets allégués ne vont pas au-delà des effets démontrés ; une caractéristique ne peut être présentée comme unique si des produits similaires l’ont aussi
ÉquitéLes allégations ne dénigrent ni la concurrence ni des ingrédients utilisés de manière légale
ConformitéUne allégation indiquant que le produit est autorisé ou approuvé par une autorité n’est pas autorisée

Les mentions « sans » relèvent de ces critères. L’ANSM et la DGCCRF ont publié en 2020 des recommandations pour une meilleure utilisation des allégations « sans » : elles donnent des exemples d’allégations non acceptées et de cas où une allégation peut être tolérée parce qu’elle est informative, par exemple pour des personnes allergiques ou à la peau sensibilisée. Une mention « sans » qui dénigre un ingrédient autorisé se heurte en revanche au critère d’équité.

À quoi ressemble une routine naturelle simple ?

À la même routine que les autres, avec des produits choisis pour leur composition. Pour les adolescents, la Société française de dermatologie recommande trois produits, un nettoyant doux, un hydratant et une protection solaire, et résume : « moins, c’est mieux ». Elle conseille de limiter les parfums, les conservateurs et les acides, dont l’AHA, le BHA et le rétinol.

L’enchaînement reste celui des textures, du plus fluide au plus épais, avec le sérum sur une peau propre, la crème hydratante, puis la protection solaire en toute dernière étape. Un produit « naturel » ne change pas cet ordre. Il peut en revanche conduire à introduire les nouveautés une à une, en commençant par une formule sans huile essentielle, pour repérer ce qui est toléré.

La routine d’un adolescent est détaillée dans la page consacrée à l’ado, et celle d’un homme qui se rase dans la routine visage homme.

Questions fréquentes

Un savon artisanal peut-il être qualifié de naturel ?

Non, car un savon résulte toujours d’un processus de transformation. Il peut être présenté comme fabriqué à partir d’ingrédients naturels, en précisant le pourcentage lorsqu’il est inférieur à 95 % dans le produit fini.

L’eau compte-t-elle dans le taux d’ingrédients bio ?

Non, l’eau de formulation n’est pas « bio » : elle n’est pas un produit de l’agriculture et est assimilée à un minéral. Un produit très fluide peut donc afficher un taux de bio plus bas qu’un baume sans eau, à composition biologique égale.

Où trouver la durée d’utilisation d’un cosmétique ?

Sur le récipient ou l’emballage : la date de durabilité minimale, ou, pour un produit dont la durabilité dépasse trente mois, un symbole suivi de la durée d’utilisation après ouverture, en mois ou en années.

Le mot « parfum » masque-t-il les allergènes ?

Pas totalement : une composition parfumante est mentionnée sous le terme « parfum » ou « aroma », mais les substances dont la mention est exigée, comme certains allergènes, sont citées nommément dans la liste en plus. La liste permet donc de vérifier un allergène connu.

Que faire en cas de réaction à un produit naturel ?

On rince le produit à l’eau et au savon doux, on hydrate la peau et on cesse d’utiliser le produit suspect. Si la réaction persiste, un médecin peut orienter vers un dermatologue ou un dermato-allergologue pour des tests, et la réaction est à signaler à l’ANSM.

Sources

Sources consultées le 23 octobre 2026, présentées sans liens cliquables.

  • DGCCRF, « Cosmétiques bio et naturel », fiche pratique, 18 février 2021. https://www.economie.gouv.fr/dgccrf/les-fiches-pratiques/cosmetiques-bio-et-naturel
  • Règlement (CE) n° 1223/2009 du Parlement européen et du Conseil du 30 novembre 2009 relatif aux produits cosmétiques, articles 19 et 20, EUR-Lex. https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32009R1223
  • Dermato-INFO (Société française de dermatologie), « Bien utiliser les cosmétiques ». https://dermato-info.fr/les-conseils-et-tutos-peau/les-conseils/bien-utiliser-les-cosmetiques
  • Règlement (UE) n° 655/2013 de la Commission du 10 juillet 2013 établissant les critères communs auxquels les allégations relatives aux produits cosmétiques doivent répondre, annexe, EUR-Lex. https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32013R0655
  • ANSM, « L’ANSM et la DGCCRF publient des recommandations à destination de l’industrie cosmétique pour une meilleure utilisation des allégations « sans » », 16 avril 2020, mis à jour le 14 mars 2021. https://ansm.sante.fr/actualites/lansm-et-la-dgccrf-publient-des-recommandations-a-destination-de-lindustrie-cosmetique-pour-une-meilleure-utilisation-des-allegations-sans
  • Dermato-INFO (Société française de dermatologie), « Cosmétiques et ados : que faut-il vraiment savoir ? », vidéo avec le Dr Séverine Lafaye, 13 octobre 2026. https://dermato-info.fr/videotheque/cosmetiques-et-ados-que-faut-il-vraiment-savoir
  • ELLE Belgique, Camille Vernin, « Sunscreen sandwich » : la méthode ultime pour enfin bien appliquer sa crème solaire, 22 juin 2026. https://www.elle.be/fr/474341-sunscreen-sandwich-la-methode-ultime-pour-enfin-bien-appliquer-sa-creme-solaire.html

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