Essayeuse de mode(s)
Vendredi dernier, j’ai déjeuné avec une amie d’études, qui travaille dans une agence de buzz marketing parisienne. Nous n’avions jamais parlé blog ensemble, et c’était marrant de jeter un oeil de l’autre côté du miroir de la blogosphère.Passons sur le langue de putage de rigueur (non, vous n’allez jamais le croire, mais elle ne rencontre pas que des blogueuses sympathiques…!), nous avons eu une conversation très intéressante sur la difficulté pour agences et annonceurs de gérer les relations avec les blogueurs. Doit-on copiner avec les blogueurs, les traiter comme des journalistes, leur envoyer des mailings en masse et miser sur la quantité, développer des relations inter-personnelles étroites, tout miser sur la relation client, travailler à la manière ebuzzing?
Je vous le dis tout de suite, nous n’avons pas trouvé la solution… Ma théorie était qu’il fallait traiter au maximum les blogueurs comme des journalistes, avec des codes assez similaires à ceux des Relations Presse. Envoyer de vrais dossiers de presse, ne pas se contenter de grandes annonces sans fondement, jouer sur le buzz sans prendre le blogueur pour un imbécile, ne pas considérer qu’il suffit d’une invitation ou d’un cadeau pour rallier le blogueur à sa cause, etc.
Mais force est d’admettre que ceci est mon propre fonctionnement, ma propre manière de penser et de réagir aux demandes des annonceurs, mais pas forcément celle de toutes les blogueuses. Je déteste par exemple qu’on m’envoie un produit sans dossier d’accompagnement, sans information plus détaillée. Cela me donne la sale impression qu’on ne me prend que pour une bécasse décérébrée qui va se contenter de tester le produit et dire si elle le trouve zoooli ou pas, sans s’intéresser à ce qu’il y a derrière. Je ne demande pas à ce qu’on me livre toute la stratégie de la marque, mais tant qu’à être un rouage dans la mise en avant de ce produit, j’aime autant le faire de manière intelligente.
J’ai un très bon exemple sous les yeux. Cette semaine, j’ai reçu un mail d’une personne de l’agence Lowe Stratéus. Le mail, très sympathique au demeurant, ne disait pas grand chose, mais me proposait de relayer leur dernière campagne, tout en m’envoyant le visuel en haute définition :

1/ On s’excuse de me solliciter et on m’indique que “je dois recevoir 200 mails de ce type par jour” = c’est bien évidemment tout à fait flatteur et faux, mais cela dit, il est vrai que je suis assez sollicitée, merci, et pas toujours de manière pertinente. J’apprécie!
2/ On m’envoie un visuel en haute définition = on me considère assez pour ne pas m’envoyer un pauvre visuel en ultra basse def et mauvaise qualité. J’apprécie!
3/ Je répond et demande s’il est possible d’avoir plus d’informations pour étayer mon article et en savoir plus sur la stratégie de l’agence. Le lendemain, je reçois des informations complémentaires = on prend ma demande au sérieux et considère qu’elle mérite une réponse développée. J’apprécie!
4/ On me renvoie un mail pour me demander si je peux prévenir quand j’aurai parlé de la campagne. Bon, là j’apprécie, mais un peu moins. C’est ballot, mais est-ce qu’on demande à un journaliste de prévenir quand il a publié son article? Eh bien non, on fait sa veille et on lit le journal tous les matins s’il le faut, mais on ne s’attend pas à ce que le journaliste prévienne quand il a écrit son article. Non pas que je ne préviendrais pas, je suis une fille cool et bien disciplinée, mais ça aurait été sympa de penser que mon blog serait stocké dans un outil de veille ou bien lu attentivement tous les jours! ^^ (oh quoi, je rêve si je veux!)
Non seulement je fais ce billet ce soir, car j’apprécie cette forme de communication directe et toute simple qu’a mise en place l’agence pour relayer sa campagne, et je crois dur comme fer qu’elle va fonctionner, et créer un buzz positif autour de l’annonce (c’est déjà bien parti!), mais je reviendrai même demain avec un nouveau billet consacré à cette campagne, et à son analyse!
PS : Image “special tribute” to Culture Pub, …qu’est ce que cette émission peut me manquer…!
Tags:annonce, annonceur, blogueurs, buzz, communication, Karl Lagerfeld, Lowe Stratéus, marketing, Sécurité Routière, stratégie...de se remettre de la rentrée, de ne pas se laisser submerger par le travail et de revendre ses escarpins vintage trop petits (15 euros), ça vous tente?!
Bienvenue dans l’univers clinquant et futile de Camille d’Essayage, un peu passionnée de web, de marketing et de tout ce qui finit par "2.0", un peu passionnée de shopping, de design, de voyages et de bons restos... et beaucoup animée par du n'importe quoi!
Malgré toutes mes bonnes résolutions, je n'ai pas d'autre ligne éditoriale que : un peu girly, un peu trash, un peu bisounours méchante, un peu gnagniou à la Candy, et un peu modasse aussi quand même!
Un petit mail?
camilledessayage [at] gmail.com
Silphi
23 juin 2008 à 0:54
Culture pub continue mais uniquement sur le net : http://www.culturepub.fr/
Pour le reste, je n’ai pas trop d’avis pour être honnête, étant assez peu concerné
BBCam
23 juin 2008 à 1:19
Je suis complétement d’accord. C’est moche, c’est jaune, et ça ira jamais avec mes combishort….
Mlle Gima
23 juin 2008 à 9:00
Personnellement je suis plutôt en accord avec toi quant a la façon dont devrait travailler les agences de marketing avec des blogueurs. Mais, il y a beaucoup de types de blogueurs différents. Et un blogueurs qui débute avec son premier buzz se fer toujours avoir.
Moi il m’a fallut une bonne vingtaine de buzz et surtout deux belles erreurs pour savoir exactement comment je ne souhaite pas travailler et par quoi je me laisse tenter.
Visiblement l’agence dont tu parles sais au moins communiquer avec les blogueurs ce qui est loin d’être un mal!
Vanessa ne se plaint pas
23 juin 2008 à 9:44
Je vais encore m’énerver mais je vais garder ça pour un futur article tiens.
Les blogueurs ne sont PAS journalistes il va falloir un jour arrêter avec ce délire. Qu’on m’en présente un qui a une carte de presse parce qu’il tient un blog et je ferme ma gueule c’est promis. En attendant faut arrêter de se foutre de la gueule du monde.
Moi je pratique la protestation sur les blogs où on dit que les blogueurs sont journalistes, ça fait pas de moi une avocate.
Bonne journée cela dit, Mademoiselle.
Camille d'Essayage
23 juin 2008 à 11:21
Chouette, chouette, du débat!!
@ Silphi : Quoi, mais tu es pourtant bien une blogueuse influente toi aussi!!
@ BBCam : Mais si, mais si, je suis sûre que pour faire des équilibres en pleine nuit, ça serait top, avec ton petit short bleu!
@ Mlle Gima : Ca ne serait pas drôle si on ne se plantait pas un peu au démarrage!! Moi par exemple, je continue à culpabiliser quand je ne parle pas d’un produit qu’on m’envoie, alors qu’en fait, je fais bien ce que je veux sur mon blog…!
@ Vanessa : Mais non, bien sûr les blogueurs ne sont PAS des journalistes, mais ça n’empêche pas de les traiter de la même façon. Le mécanisme de base est tout de même le même : donner des éléments pour que la personne (journaliste ou blogueur) fasse ses recherches et écrive sur le produit, évènement ou autre. En tout cas, si l’on est une marque et si l’on cherche à ce que son information soit reprise de manière sérieuse, je pense que c’est une bonne façon de faire. Bon, tu me fais signe quand tu auras écrit ton futur article coup de gueule?!
fabien
23 juin 2008 à 14:55
Toi t en veux a ebuzzing!!!
Vanessa ne se plaint pas
23 juin 2008 à 17:14
Ah mais c’est pas que toi hein!
Comme d’hab je vais l’écrire tard ce soir donc si t’es encore éveillée aux alentours de minuit, mon heure moyenne de publication…
(oui aussi j’ai peur de l’ail, de l’eau bénite, de la lumière du jour et je bois su sang, oui tout à fait)
fabien
23 juin 2008 à 17:55
camille, c est qui cette vanessa ?? Elle me fait peur !!!
Silphi
23 juin 2008 à 18:57
@Fabien : une fille avec des morceaux de bitch dedans ^^
@Cam : tut tut, j’influence rien du tout moi
fabien
23 juin 2008 à 19:42
Merci silphi , mais ca fait peur quand meme !!!
Babillages
23 juin 2008 à 19:58
Je rejoins ce que Vanessa a dit plus haut : les blogueurs ne sont en rien des journalistes…
Mais c’est sûr que ça flatte un tantinet leur ego quand on les considère comme tels…
Et c’est justement bien là le problème : les blogueurs ne connaissent pas les codes journalistiques, les coutumes, les usages, etc…
Exemple, et ne le prends pas pour toi directement : sache que les journalistes (par exemple en beauté), doivent dire pour quand la publication est prévue quand ils contactent un service de presse et, quand ils bossent pour des magazines féminins en ligne, ils doivent en plus envoyer l’url de l’article par mail. Tout ça pour dire qu’il y a une grosse différence entre blogueurs et journalistes même si la plupart des blogueurs aspirent à être considérés comme des journalistes… Un journaliste se doit d’être professionnel et ce n’est pas le cas du blogueur… Et c’est là toute la difficulté des agences !
Alice
23 juin 2008 à 20:43
décidément, à chaque fois que je vois cette campagne de pub, elle m’arrache au moins un sourire!
Concernant le but de l’article, je suis OK que les gens ont été trés corrects et trés pros. cependant, je ne mets absolument pas bloggeurs et journalistes dans le meme sac, il faut pas déconner, ils n’écrivent pas pour les memes raisons.
Quand on envoie un objet au bloggeur, on s’attend à ce qu’il en parle d’utilisateur à utilisateur, de novice à novice. C’est clair qu’un complément d’information est toujours le bienvenue, mais bon, pas un dossier de presse non plus.
Le journaliste est quand meme un pro, qui s’est tapé un certain nombre d’années d’études et qui devra étudier, parfois meme en engageant sa réputation, un produit en le testant. Lui, il se doit d’etre complet, de renseigner, d’informer, de la qualité du produit… d’ou la nécessité d’un complément d’info
Bon aprés j’en sais rien, c’est de l’avis personnel hein…
Camille d'Essayage
24 juin 2008 à 0:57
@ tous : Pour les réponses, c’est dans le billet posté à l’instant!
michel v
24 juin 2008 à 2:07
Je trouve déprimant qu’on ait une telle relation de « travail » avec les blogueurs et blogueuses en France.
C’est de l’exploitation à base de flatteries de l’égo, l’exemple des mots clés à inclure dans les titres de billets sponsos est assez emblématique : ce n’est pas pour « augmenter le trafic sur votre blog » mais tout simplement pour améliorer le placement de l’annonceur sur ces mots clés.
Votre trafic, permettez moi l’expression, mais qu’est ce qu’ils s’en battent les roubignolles !
En gros, quand dans le passé on sous-traitait chez un spécialiste du référencement pour 10000 euros, de nos jours on fait une campagne sur 20 blogs pour même pas 2000 euros (une ou deux blogueuses qui touchent 200, et les autres qui se partagent le reste), pour un résultat quasiment identique sur les moteurs.
Pour moi, la relation compagnies - blogueurs est simple : la compagnie fait quelque chose de génial, ou s’illustre par sa constance dans la qualité de ses produits ou de ses prestations, les gens finissent toujours par le bloguer, et gratis avec ça — de vrais morceaux d’Authentique dedans, pas des ersatz d’émotions pré-packagées par ebuzzing !
Seulement voilà, en France on ne sait penser le discours marketing que de manière verticale, et par à coups.
Beaucoup de paraître et de campagnes en guise de cache misère devant l’érosion de la seule relation qui compte : celle avec le client final.
Et au sujet du web, on ne me fera jamais avaler que les campagnes du style « parle du site trucbidule.fr » sont plus utiles à l’image du site que de peaufiner le site lui même et le rendre plus efficace et satisfaisant.
Un internaute capté par la qualité constatée d’un site en vaut 20 qui ont juste clické un lien sponsorisé par curiosité.
Camille d'Essayage
24 juin 2008 à 23:00
Merci Michel V pour ce commentaire! Et bienvenue ici! Je retiendrai surtout la dernière phrase de votre intervention : “Un internaute capté par la qualité constatée d’un site en vaut 20 qui ont juste clické un lien sponsorisé par curiosité.” Rien de plus vrai, évidemment! Maintenant, pour un vrai succès, reste à trouver le juste milieu entre pertinence du site et des campagnes de communication qui y sont associées. Je ne renie pas en bloc l’usage du buzz marketing, bien au contraire, mais pour moi il doit être fait avec autant de rigueur et de qualité que l’attention que l’on porte au site lui-même.
"la buzz-marketeuse anonyme"!
25 juin 2008 à 19:52
Ce débat montre bien toute la difficulté pour les agences de vous aborder chères bloggeuses et chers bloggeurs !
Je ne dis pas ça pour me plaindre ! mais pour tenter de mieux comprendre comment être la plus fine possible avec chacun.
Certains veulent être traités comme des journalistes d’autre non, pas toujours évident de savoir, juste à la lecture de vos blogs.
Personnellement, je ne pense pas que les bloggeurs soient des journalistes. A voir si la blogosphère va évoluer vers ça, peut être si on en croit la société de journalistes professionnels aux Etats-Unis qui se met à former les bloggeurs à devenir des médias. Lu ici.
En revanche, je pense effectivement que dans la manière de vous aborder, surtout quand on ne vous connait pas, les mêmes marques de respect sont de mise : vouvoiement, réponse rapide si questions posées…
L’idéal serait de vous connaitre humainement le plus possible, beaucoup plus simple ensuite pour ne vous contacter uniquement sur les sujets les plus susceptibles de vous intéresser et aussi pour ne pas froisser les susceptibilités de chacun!
Rien à faire, le web est un réseau extraordinaire mais rien ne vaut une rencontre humaine pour réellement appréhender l’autre.
romain blachier
26 juin 2008 à 15:11
il y a aussi une question éthique.Si certains disent que leur billet est sponsorisé, d’autres ne le signalent pas et au bout d’un moment tu as du mal à faire le distingo entre vrai et faux coup de coeur du bloggeur