Manteau beyouk et sac chevignon-19Vous avez aimé Qyrool jeudi dernier ? Vous en voulez encore ?!

Eh bien vous allez être servis, mais de manière un peu plus sérieuse ce soir. Après « Qyrool analyse la mode », voici « Qyrool analyse le web-marketing au féminin ». Et là encore, les avis de Mister Qyrool sont tranchés, préparez-vous, ça va (encore) dépoter !

Dans ma « petite » interview du jeudi, j’avais posé à Qyrool une dernière question, que j’ai été obligée de retirer, de peur de vous assommer vue la longueur globale de l’article.

La question du soir : « Qyrool, et si on te dit « blogueuse influente », tu dis…? »

La réponse de Qyrool…

Mythe !

Vous ne trouvez pas étrange qu’aucune étude n’ait été publiée sur l’efficacité des opérations et de la communication via les « blogueuses influentes » ? A l’heure où la transparence semble être devenue un credo universel et où l’on a des chiffres sur tout, je suis surpris qu’aucune agence ou marque (voire une blogueuse, même !) n’ait pris la peine de faire ce test très simple : on envoie une fringue à des blogueuses importantes, on regarde de combien les ventes de cette même fringue augmentent en boutique.

Les blogs sont avant tout un média (très bon marché et très docile) et comme tout média, il a sa part d’influence, mais replaçons nous dans le contexte. Une blogueuse à fort trafic tourne autour de 5 000 visiteurs uniques par jour (j’utilise les visiteurs uniques, qui correspondent à une vraie personne, plutôt que visites, qui correspondent aux nombres de pages vues). C’est 20 fois moins qu’un quotidien régional et 200 fois moins qu’un gratuit comme 20 minutes. Ca remet un peu les choses en perspective.

Les blogueuses ne sont donc pas influentes, elle font juste partie du plan média en servant de porte-manteau pour les fringues (marche aussi avec cosmétiques, banques, agences de voyage, etc.) qu’on verra également en 4 par 3 et sur papier glacé dans les magazines.

Vous vous dites, peut-être, que j’exagère et qu’il y a certaines blogueuses qui arrivent à faire vendre des fringues. C’est vrai, mais si la fringue se vend c’est d’abord, et avant tout, parce que c’est une super fringue, par parce qu’elle a été portée par Y ou Z. Les gens seraient allés l’acheter aussi s’ils l’avaient vue dans une pub du métro ou dans ELLE.

Attention, je n’ai pas dit que communiquer avec les blogs est une mauvaise idée et c’est même très pertinent de faire appel à eux notamment quand on a un produit très très ciblé, mais pas de la manière dont les agences et les marques le font aujourd’hui. Les marques devraient impliquer les blogueuses en amont et pas en tant que femmes-sandwichs.

La vraie blogueuse influente sera celle qui arrivera à influencer les marques. Le jour où les blogueuses pourront retourner les fringues avec ce type de message « Super Robe, par contre, je la trouve mal coupée au niveau des hanches, cela m’a été confirmé par quelques lectrices, vous devriez l’ajuster » et où les marques s’exécuteront, on pourra parler de blogueuses influentes.

En attendant, il n’a pas de « blogueuses influentes », juste des « grosses blogueuses », mais ce terme n’est pas tellement vendeur…

« Bon et pour le plan média Slim Fast, on en est où avec les grosses blogueuses ? »

Donc amis blogueuses, le petit conseil d’un modeste pseudo pro du web (hum hum) : bougez-vous ! Si vous voulez vraiment être influentes, arrêtez de vous faire prendre pour des jambons. Allez directement à la rencontre des marques qui vous plaisent, proposez leur une collaboration, plutôt que d’attendre que la plus offrante viennent à vous avec sa collection d’échantillons et d’articles sponsorisés.

Petit rappel, Qyrool officie chez Buena-Onda, côté Web-marketing, et chez Lyon69, côté blogueur fou.

bottines Asos

Alors, alors, à moi maintenant, suis-je d’accord avec ça ?

Eh bien pas à 100% et c’en est d’autant plus intéressant, bien sûr !

Pour parler de ce que je connais, rappelons pour le côté chiffres et transparence, que ce blog reçoit entre 700 et 1000 visiteurs par jour, selon les jours. Avec quelques creux bien en dessous, et quelques pics bien au-dessus. Par rapport aux 5 000 visiteurs par jour évoqués par Qyrool pour les « blogueuses à fort trafic », je suis donc une « blogueuse à moyen trafic ».

Je suis souvent invitée à des opérations de blog ou sollicitée pour relayer des campagnes de publicité ou, comme dirait Qyrool, « faire la femme sandwich ». Par rapport à ce que je peux voir, je le suis plus que certaines, et bien moins que d’autres. Ce qui me permet de voir comment les agences peuvent me positionner en termes d’influence estimée. Par rapport à ce que je peux voir également en termes de chiffres, il existe effectivement toute une tranche de blogs qui reçoivent beaucoup plus de trafic que le mien. A vue de nez, je pourrais en citer une vingtaine, mais on reste dans un réseau très fermé, je vous parle là uniquement des blogs de mode ou de « filles », au sens très large et bateau du terme, car ce sont ceux que je connais le mieux.

Je rappelle qu’un simple lien sur le blog de Coline vers mon blog, me rapporte à chaque fois plus de 1 000 visiteurs uniques par jour (vous savez maintenant d’où me viennent mes pics de trafic !). Dans la même catégorie, où à peu près, se classent des blogs comme ceux de Punky B, Deedee ou bien sûr Betty. Dans un autre style, celui de Walinette également. Ces blogs génèrent indubitablement du trafic, et oui, j’en suis certaine, de l’influence.

Et je trouve qu’il y a un point qu’il est dommage que tu n’aies pas noté, Qyrool, c’est que l’influence, ce n’est pas forcément « faire acheter ». Une « blogueuse à fort trafic » peut également inciter à ne PAS acheter.

Cas d’école de ces dernières semaines, la réaction de Deedee face à sa paire de bottines Sandro, trouées au bout de quelques semaines. La blogueuse s’énerve, fait un billet agacé sur son blog, génère une trentaine de commentaires. Pas la mer à boire, peut-être, mais suffisant pour que le DG de la marque pointe le bout de son nez dans les commentaires et vienne tenter d’établir le dialogue. Véritable inquiétude de la marque ou simple volonté de se faire bien voir dans un microcosme sans grande influence ? Je penche bien évidemment pour la première alternative. Pas plus tard qu’hier, Juliette écrivait sur son blog : « J’ai fondu devant des bottines soldées chez Sandro, vues chez Sushi & Pedro, mais je n’étais pas dans une humeur dépensière, donc j’ai laissé tomber. J’ai été, en plus, pas mal refroidie par l’article de Delphine, dans lequel elle déplore la mauvaise qualité de bottines Sandro. » Moi même je dois admettre que je me suis félicitée de ne pas avoir craqué pour les bottines Sandro, en lisant l’article de Deedee il y a quelques semaines, pensant qu’on ne m’y reprendrait plus. Et pourtant, ce n’est finalement que l’avis d’une personne, donc pourquoi y accorder autant d’importance ? Eh bien tout simplement parce que certains blogs commencent à gagner une certaine légitimité, qui va au-delà de la légitimité d’un 4 par 3, à mon sens.

Bien sûr, je suis d’accord avec toi, Qyrool, cela reste confiné et l’étude de cette influence vaudrait la peine d’être menée. A mon niveau toujours, j’essaye toujours de savoir si les liens de mes billets rapportent des visites et si mes conseils génèrent des ventes. Et cela varie beaucoup. Je sais que j’ai absolument rien apporté à beaucoup de marques dont j’ai parlé, hormis une bonne ou mauvaise réputation dans le cercle confiné de mes lecteurs, ce qui est déjà quelque chose.

Je sais aussi qu’un de mes billets a permis à un site de générer près de 6000 euros sur une de ses ventes, chiffre qui m’a sacrément impressionnée, sur le coup. Je sais que mon lien vers le blog de Piti Pince pour son « Et il en dit quoi ton mec ? » lui a apporté environ 200 visites, quand son lien vers mon blog m’en rapportait quasiment autant. Difficile de faire quoi que ce soit de ces chiffres, si ce n’est noter que l’impact est là et n’est pas négligeable.

En fait je pense que la solution se trouve dans le rapport entre légitimité et visibilité. Les blogs qui seront vraiment influents sont ceux qui arriveront à développer une forte visibilité (certes moins forte que d’autres médias) tout en conservant une légitimité forte, et donc un fort pouvoir de persuasion (pour ne pas répéter le mot « influence ») sur leurs lecteurs.

Voilà, sur ce, le débat est ouvert !
Qu’en pensez-vous ?