Tadam, jeudi, 20h pétantes, mais qui interroge-t-on ce soir?Alors, Florent, qui es-tu ? Eh bien, Florent est quelqu’un que vous connaissez peut-être déjà par procuration, puisqu’il n’est autre… tadadam… que le petit mari de Madame Fromage, du blog mode et beauté lyonnais qui monte Fromage & Dessert.
Florent, je ne l’ai rencontré qu’une fois, et il sortait d’une nuit difficile (merci les Nuits Sonores) de clubbing et d’électro. Il avait donc les yeux à moitié fermés, l’air pressé de retrouver son lit, mais en même temps, un petit air qui donnait à penser qu’il pouvait être très drôle. Ses commentaires réguliers sur le blog de son amoureuse ont achevé de me convaincre : ce jeune homme était quelqu’un de bien, à épingler à mon tableau de chasse. En prime, il aime la photo (en témoignent son son blog photo et son Flickr), il prend Madame Fromage en photo pour son blog quand elle le veut et il a un blog politique intéressant et ni démago ni prise de tête (à mon humble avis et toute considération politique prise en compte).
Et le mieux, c’est que quand j’ai demandé à Fromage si je pouvais lui piquer son mec, elle m’a répondu du tac au tac : « en fait, j’osais pas te demander, mais j’y avais pensé! ^^ oui, il a un avis tranché sur les choses, la première chose qu’il regarde chez une fille, c’est ses chaussures! Donc, oui, je te le prête, avec plaisir! » …Alors comment ne pas être doublement séduite et par Florent et par sa chérie, hein?!
>> …voici 3 photos prises sur des blogs et sites de streetstyle de mon choix (et que tu reconnaîtras peut-être) ces dernières semaines. Spontanément et sincèrement, elles t’évoquent quoi, ces tenues?
L’avis de Florent :
Collectivement, les trois looks proposés m’inspirent un peu de frustration – je vais détailler ensuite, mais là, il y a trois looks cohérents, sans grosse boulette choquante, mais sans coup de cœur non plus. Un peu sages, les miss !
Le premier look, d’abord :
Très typé « jeune fille de bonne famille », quand même ; le trench, le chemisier à carreaux, le gilet ( ?) qu’on devine à peine, l’écharpe moutarde – d’ailleurs, d’un point de vue de garçon, c’est une anomalie, cette écharpe : on met des écharpes quand il fait froid, et quand il fait froid on ne se balade pas avec un trench sur un chemisier, on met des vêtements chauds !
Malgré ce côté jeune fille rangée il y a une touche anglo-saxonne, un poil de décalage qui donne un esprit un peu plus Mayfair qu’Ainay (NDLR : le quartier BCBG de Lyon) ; j’aime bien le camaïeu des bleus sombres des collants, de la mini-jupe et du chemisier, entre bleu cobalt et bleu pétrole, des belles nuances hivernales, qui répondent bien à l’écharpe. Par contre, je reste un peu divisé sur les bottines informes ; d’un côté, elles sont franchement bienvenues pour décontracter un peu ce look quand même très casual-chic ; d’un autre côté… ben, elles sont quand même vraiment défoncées, ça confine quand même un peu à la chaussure-doudou, celle qu’on a trop porté et qu’on ne se résout pas à abandonner mais qui est vraiment au bout du rouleau
Un look rock simple, efficace, étudié jusqu’au bout du sautoir squelette.
Le premier truc qui m’interpelle, en tant que photographe, c’est le choix du cadre – une symétrie sur lourde porte évoquant un immeuble ancien et cossu sur le premier visuel, ici un mur de briques cadré de guingois et un trottoir bien pourri. Ça a l’air con, mais ça conditionne pas mal notre lecture des tenues !
La coupe de cheveux avec mèche, le squelette en sautoir, une bague au pouce, le pull trop grand qui dénude une épaule et tire-bouchonne tout ce qu’il sait, à moitié rentré dans le short en jean bien rapé – et avec un revers, le collant noir avec les ballerines noires (mates, bien vu !), y’a pas une erreur, c’est rock, c’est tendance, c’est tout ce qu’on veut mais pour moi c’est purement et simplement une catastrophe. Je sais, je viens de dire qu’elle a tout juste, et j’enchaîne ensuite pour dire que c’est à chier, et je m’en explique…
J’ai grandi avec les années 80, et dans des collèges plutôt ruraux du Nord-Isère (NDLR : la campagne pas glamour à l’est de Lyon ^^), donc pas vraiment au pays du glamour. Et donc, dans mes collèges pas vraiment branchouilles, les filles pas spécialement branchouilles – mais un peu rock – portaient, je vous le donne en mille, un pull trop grand, un short en jean judicieusement déchiré et des collants noirs… Une sorte de pendant féminin du mec portant mulet et blouson à écusson. Un peu comme le collant à plumetis dont le grand retour s’annonce, j’ai du mal à associer « look pointu » a des tenues ou des accessoires qui m’évoquent irrémédiablement des adolescentes mal fagotées d’il y a vingt ans.
Y’a rien à faire, elle est mignonne, elle a tout bien fait, mais elle m’évoque plus l’univers de Riad Sattouf qu’un catwalk! Donc, c’est injuste, ça trahit mon grand âge, mais c’est non.
Premier réflexe, c’est que là, c’est de la photo de mode, pas du streetstyle – ce qui saute immédiatement aux yeux, c’est que plus qu’un look global, on a là une tenue choisie pour montrer et mettre en valeur les chaussures.
Pour autant, le reste de la tenue est tout sauf du n’importe quoi – impeccablement dans la tendance, avec l’écharpe infinie déjà vue dans cette même rubrique très récemment, le manteau oversized, la chapka pour rajouter encore un peu au côté hivernal douillet et le jean qui amène une touche de couleur et de rugosité bienvenue pour donner du caractère à l’ensemble…
Et … les bottes. Qui, en petit, me laissaient un peu perplexe. D’un côté, ce revers qui évoque un col (je me comprends…) et qui est superbe, de l’autre, ces sangles très moches et qui paraissaient surajoutées. Une customisation ratée ?
Intrigué, je voulais en savoir plus. Avec la complicité de Fromage, qui, d’un coup d’œil, a identifié Tokyobanhbao, j’ai pu aller retrouver l’article complet. Et donc des photos en détails de ces chaussures – ben désolé Tokyobanhbao, désolé Vivienne Westwood, mais ces pirate boots sont moches. Très « couture », sans doute, mais vraiment très, très moches.
J’ai été tenté de taper sur les marinières, mais j’ai trouvé pire avec les tennis en toile, style Victoria ou Bensimon. La non-chaussure par excellence, qui m’évoque irrémédiablement les mamies condamnées par leurs cors au port de chaussures confortables. Ça ringardise et mémérise immédiatement. Beurk.
Ça fait quoi de la voir poser sur son blog ? Ben, étant le photographe, et F&D ayant généralement des commentatrices bien intentionnées, c’est un plaisir – de faire les photos, de faire des photos qui la mettent en valeur, et de lire les compliments ensuite. Je me sens, plus que lecteur, un peu impliqué, acteur dans ce blog – non seulement j’y reconnais ma femme mais – malgré les chamailleries les soirs ou il faut finir l’article pour demain alors qu’il est minuit passé – cela a plutôt enrichi notre relation.
Les leggings /collants opaques (je me perds dans les variantes). Je sais, c’est paradoxal après avoir dézingué le revival 80’s un peu plus haut, mais je suis vraiment fan, pour la liberté que cela permet. Ni vraiment pantalons, ni vraiment collants, ça permet de montrer ses jambes (d’autant que le côté gainant d’un collant 75 deniers n’est pas négligeable)… On peut aussi bien avoir des looks quasi androgynes, très rock, à la Chrissie Hynde, ou beaucoup plus féminins, mais, même avec une mini-jupe, on n’a jamais une allure de bimbo.
Bon, évidemment, gare aux excès ; typiquement le tregging a un côté Olivia Newton-John dans Grease qui commence à être limite-limite (et avec un potentiel bimbo considérablement plus élevé), et le fuseau est à proscrire en dehors des salles de sport et des pistes de ski.
Benn, le chanteur d’Apple Jelly, qui est plus modasse que 98% des blogueuses modes, avec une vraie personnalité vestimentaire et des avis bien arrêtés sur la question. C’est notamment grâce à son assistance comme personnal shopper de luxe que j’ai pu me marier dans un smoking D&G absolument parfait, que Fromage envisage de me piquer pour l’utiliser en Boyfriend Jacket!

Renversant brutalement les rôles, une interrogation plutôt… Les filles, vous en dites quoi de ce look-ci ? Parce que, porté par Marc Jacobs, et avec cette veste, et avec ce sac, j’aime beaucoup, mais c’est typiquement le truc sur lequel on s’interroge quand même beaucoup avant d’oser l’acheter (a fortiori, avant d’oser le porter).
Moi j’avoue que j’aime vraiment beaucoup le monsieur après avoir lu ses réponses (merci Fromage pour le prêt!). Encore un homme avec des avis tranchés (le coup des tennis en toile m’a bien plu, même si je suis adepte et je suis ravie de voir que les collants opaques puissent plaire autant). Très drôle aussi le rapport ambigu à la deuxième photo (que moi j’adorais), jugée parfaite puis « à chier », j’aime l’explication que l’on retrouve derrière ce jugement. Bon sinon, désolée effectivement Tokyobanhbao et Vivienne Westwood, mais j’ai beaucoup ri aux commentaires de la photo n°3, même si le look est indéniablement stylé, j’aime bien les arguments de Florent!
…Quant au look Marc Jacobs, non, Florent, ne fais pas çaaaaa !!!
Crédits photos : Le Mâle, Jean-Paul Gautier ; Copenhagen Streetstyle (Cecilie) ; Mahayanna ; Tokyobanhbao
* Dans “Et il en dit quoi, ton mec?”, on interroge des hommes (des vrais), que je connais ou non, sur leur vision de la mode féminine. Ce qu’ils aiment, ce qu’ils n’aiment pas, ce qu’ils pensent des tendances actuelles, comment ils nous voient dans nos vêtements, etc. Retrouvez les premiers interviewés ici !
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Maxime
3 décembre 2009 à 20:11
Haaaan, je suis d’accord avec à peu près tout ce que dit Florent. Je dois être un homme de goût alors
reine-mère
3 décembre 2009 à 20:28
prem’s ?
alors moi je l’aime beaucoup ce Monsieur Dessert !!!!
1) je déteste le look n°) 2
2) chez un homme je regarde toujours ses chaussures en premier (avant les mains et le sourire)………
grand âge oblige ^^
Taloche
3 décembre 2009 à 21:43
Bon, n’ayant pu le faire avant j’ai décidé d’être désagréable. Sans vouloir offenser, je trouve que tous ces styles se ressemblent ou essaient de ressembler à un pseudo style actuel où on fourre pleins de trucs ensemble et on regarde si ça colle. Non, perso je n’adhère plus aux tendances actuelles car finalement il n’y en a pas. On récolte les attitudes passées, on n’innove plus. Je crois encore, un peu fleur bleue, qu’être fashionata ou peu importe, c’est se créer son propre style en fonction de ce que l’on trouve, et pas mettre des collants parce qu’il faut en mettre. Donc je reviens toujours à mes références modesques que sont Helsinki et Tokyo (à mort les New York et autres Londres ou Paris) où les gens ont la liberté de faire ce qu’ils veulent, de s’exprimer, de tester, d’oser, et non de vouloir plaire sinon qu’à leur propre personne. J’en viens donc un un thème qui devrait être traité sur ce blog ma chère Camille : à quel moment considère t-on que l’on est « modeux », est-ce que la mode n’est finalement plus qu’un outil marketing et non plus un art? La mode doit-elle être vecteur d’appartenance à une tribu ou tout simplement l’expression de ses envies et de ses goûts.
Donc oui, j’adore les fourrures, les chapkas, les imprimés léopard, tout simplement car je vis en Pologne et que c’est un style slave qui me plait, et pas parce que quelqu’un me l’a dit!
J’ai dons décidé de faire ce que je veux…
Fromage
3 décembre 2009 à 22:58
bon, ben moi, suis pas super objective, mais je suis très fière de mon homme! il a l’oeil, le bougre!
(bien que je le trouve sévère avec miss n°2, que je trouvais plutôt sexy, malgré ce vilain revers sur le short…)
Myrtille
4 décembre 2009 à 3:57
Yeah … Je dis moi aussi beurk aux Bensimon … mais pas pour les mêmes raisons !
Je m’explique, c’est toute ma jeunesse (le début des années 90 (Camiiiiille, tu sais le temps des boums !)), mais moi je portais ça en été (ouais j’aime bien puer des pieds ^^) …
En fait c’est juste que je ne conçois pas la « chaussure en toile » l’hiver avec des chaussettes … mais c’est vrai qu’en y réfléchissant bien, c’est moche aussi (un peu comme certaine Conv…… euh non je dis rien Camille va faire la gueule !)
Myrtille
4 décembre 2009 à 3:59
@Taloche: Quand j’étais en Arts Appliqués j’avais cette liberté … faut voir comment on me regardait dans la rue … et oui le Sartorialist n’avait pas encore de blog ^^
BBCam
4 décembre 2009 à 7:42
Oh, je suis complètement déçue par UNE réponse : les Bensimon.
Depuis que je m’en suis acheté une paire, j’attends qu’une seule chose : l’été, pour m’en acheter d’autres. (J’avoue quand même : je mets mes Bensimon l’hiver, parfois, parce que j’aime trop ces chaussures).
Enfin.
Passons sur cet outrage, le reste, j’aime les réponses détaillées, et argumentées!
Sur le premier look : je suis pas trop trop d’accord avec les chaussures, je trouve pas que ça fasse spécialement « défoncé », au contraire, mais bon. (comme Florent a validé l’écharpe moutarde : dans mes bras)
Et sur le 3eme : d’accord, j’aime beaucoup TokyoBB, mais ces chaussures, j’aime pas.
(Taloche il est remonté, je crois)
(Myrtille, JE fais la gueule pour les Bensimon.)
Non, et sinon, Marc, je t’aime, et c’est tout, et pour finir, j’aime bien l’idée de la boyfriend jacket.
Et pour continuer de finir : dans mes bras, bis, Florent, le legging, c’est la vie.
romain blachier
4 décembre 2009 à 10:12
coucou Florent! (-:
Mister B
4 décembre 2009 à 10:14
Et voilà, c’est le début de la fin, Camille ne répond plus aux commentaires…
Sinon j’ai vu un caban, sur la brochure pub de Babou, qui à l’air pas mal, euhhh…, non rien…
Myrtille
4 décembre 2009 à 10:21
@romain blachier: Salut Romain (kikou lol) … t’es un guedin avec tes smiley à l’envers !
@Mister B: Heureusement que je suis là … Quelle page le caban ?
Camille d'Essayage
4 décembre 2009 à 10:40
@Mister B @Myrtille: Je réponds pas parce que je travaille (bande de nouilles!) et si quelqu’un redit le mot Babou ici, je fais une crise!
Florent
4 décembre 2009 à 11:49
Chouette, plein de commentaires !
Sur les bensimon, Myrtille, c’est assez spécifique, ce sont les Bensimon lacées que je ne tolère pas (je n’ai rien contre celles d’inspiration chausson de gym)
Et, plus encore, en fait, les Victoria :
Ca, c’est vraiment rédhibitoire
Sur le rôle de la mode, vecteur d’appartenance à un groupe ou outil d’affirmation de son identité, un copain marketeux m’a fait perdre toute illusion dans ce domaine il y a bien longtemps – dans tous les cas, on rentre dans une case marketing, et le marché « original(e) qui se crée son style » est… Une niche marketing comme les autres
Camille d'Essayage
4 décembre 2009 à 13:39
@Florent @Taloche: Je partage à 100% l’avis de Florent sur la question. Quoi que l’on en pense, nous sommes tous des modèles marketing. Les polonaises en léopard tout autant que les japonaises kawaï ou que Myrtille dans sa phase « élève en art appliqué ». Pour moi, le côté « je ne suis pas la mode » est un segment de marché comme les autres! Et d’ailleurs ce qui est assez frappant, c’est que ceux qui essayent de différer finissent par créer leur propre mode et courant. Pour reprendre un exemple du très bon Dictionnaire du Look dont j’avais parlé ici, le « punk à chien », par exemple, croit être super marginal alors qu’il suit à sa façon un courant marketing (sponsorisé par Kro et 1664, mais tout de même!) ^^
Florent
4 décembre 2009 à 14:23
Phénomène illustré, oh combien intelligemment, par la tirade sur le bleu céruléen de Glenn Close dans « le diable s’habille en Prada »
Camille d'Essayage
4 décembre 2009 à 14:40
@Florent: Pour les incultes (et moi qui ai dû faire une recherche Google pour me remémorer ce passage) :
Source CineFast : « Car après 60 minutes de pilonnage serré sur la vanité et la superficialité (waouh ! la révélation !), surgit un plaidoyer aussi inattendu qu’un gag drôle au milieu de Bienvenue chez les Ch’tis. Un plaidoyer pédagogique, qui part du pull informe de Mlle Hathaway, un pull bleu « céruléen », selon Miranda… Et la Streep d’expliquer, cruellement, cliniquement, d’où vient ce bleu « céruléen ». Ce pull que notre héroïne croit avoir acheté, « par hasard, un jour de soldes dans le magasin du quartier pourri où vous habitez », vient de bien plus loin. Qu’il y a un créateur qui a décidé ce bleu, que ce bleu est devenu tendance, puis s’est retrouvé dans le prêt-à-porter, etc. Et que nous sommes tous, un jour où l’autre, créatures de mode. »
Londoncam
4 décembre 2009 à 16:41
Bouh, les Victoria, je n’aime pas du tout non plus, j’ai trop l’impression d’avoir 13 ans de nouveau !
Les Bensimon, j’en ai encore une paire de lacées, mais je ne les porte plus (à part pour faire du vélo au fin fond de la campagne en mode no look, alors ça compte pas), mais j’aime celles à élastiques.
Mr B: quelle page, quelle page
?
Camille d'Essayage
4 décembre 2009 à 20:41
Eh, en tout cas tu noteras, Florent, que mes lectrices ne sont pas très obéissantes puisque BBCam et moi avons été les seules à répondre à ta question Marc Jacobs! Sympa, les filles!
Myrtille
7 décembre 2009 à 23:58
@Camille d’Essayage: ça c’est parce qu’elles ont pas lu le billet en fait (ok je sors >)
Camille d'Essayage
8 décembre 2009 à 0:00
@Myrtille: Tsss… Pestouille, va!