On dirait qu’on serait le 8 mars.

on the road 4

*Ce billet a été publié hier sur l’Express.fr Styles. Merci à eux ! Merci également à B-rob pour la photo.

Une journée comme les autres. Un dimanche.

Je resterais une demi-heure au lit à appuyer sur le bouton snooze de mon réveil, me rendormir, appuyer à nouveau, m’endormir à nouveau. Puis je me lèverais en grognant et en m’étirant. Il ferait beau. Je m’habillerais en vitesse. Partirais faire deux-trois courses. Déciderais en chemin de m’acheter un bagel au saumon hors de prix. Reviendrais le manger sur mon canapé, organisé en bureau improvisé, ordinateur sur les genoux. Accompagnerais le saumon d’un café au caramel. Ne trouverais pas ça très bon. Grimacerais. Mais continuerais quand même. Regarderais les toits de ma ville par la fenêtre. Referais un café. Écouterais Cocoon. Puis Soko. Puis encore Cocoon. Bavarderais en ligne. Écrirais sur mon blog. Ferais un peu de ménage pour remplir mon quota de tâches ménagères. Appellerais des amis. Ou pas. Lirais un livre. Hésiterais entre un épisode de Gossip Girl (ah non, le dernier n’est pas encore en streaming) et un épisode de 90210. 90210 ce serait donc. Des ados, anorexiques, amoureuses, dépressives, riches. Réécouterais Soko puis Cocoon. Me préparerais un bon petit repas. Bouquinerais. Surferais sur mon iPhone pendant des heures au fond de mon lit. Dormirais.

Ça aurait été un 8 mars banal. Une Journée de la Femme passée en un éclair. J’y aurais peut-être pensé. Ou pas. Sûrement deux minutes en lisant un quotidien ou en allumant la télé. Je me serais dit que ça ne sert à rien, une Journée de la Femme. La parité, tout ça, tout ça. Merci bien, je n’ai pas besoin d’une journée spéciale pour moi. Ou peut-être que j’aurais pris cinq minutes pour réfléchir : à mon bonheur, à ma vie bien rangée, à ma chance de ne pas être dans les 10% de femmes victimes de violence conjugale, ni dans celles maintenues en esclavage, mutilées, opprimées, mariées de force, exécutées. A ma chance de ne pas avoir à me défendre. D’avoir le droit de me défendre. De voter. De penser. D’écrire mes inepties. D’avoir l’opportunité d’assumer ma féminité.

Non, la Journée de la Femme, ça ne sert à rien. Mais pour celles qui en ont vraiment besoin, c’est déjà beaucoup.

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9 commentaires

  1. reine-mère wrote:

    ôO)
    et puis GO DANCING FOUINES……. bon séjour à Courchevel !!!
    bises ardèchoises (sous le soleil)

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  2. fabien wrote:

    Ah bon c est de ton plein grès que t es avec b-rob?? rhoooo!!! lol!! bises

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  3. Diz wrote:

    C ‘est clair que finalement c’est comme pas mal de journées qui ne servent a rien.. Est ce que finalement les autres journées de l’année sont les journées de l homme?
    Enfin…Bref ca nous aurait fait penser. Et c est vrai que c’est inutile pour nous car tout va bien…. Merci de m y avoit fait penser! Bon sejour au ski!!! Biz

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  4. shalima wrote:

    Super billet, très juste… nous on le luxe de se dire que la journée de la femme, pfff, ça sert à rien. Mais ailleurs ?

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  5. BBCam wrote:

    Comme dit Shalima, super billet, très juste.

    (mais pour un peu de note humour, quand même, je rajoute juste qu’ici, il pleut, il ne fait pas beau, les seuls bagels au saumon bons sont de l’autre côté de la Seine, et en plus, je ne connais pas 90210. C’est quoi donc?!)

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  6. Charlotte wrote:

    C’est vrai, ça sert à rien, si ce n’est à penser à toutes ces autres femmes dont le statut n’a pas progressé au cours de ces 50 dernières années et de fait, à savourer les progrès de notre société sur ce point-là …

    … et puis allez, la bonne occaz’ pour se la jouer chieuse ou perso en s’offrant un p’tit plaisir, pcq « c’est notre journée quand même » :D

    (moi j’ai surtout soutenu les semi-marathoniens de Paris, et croyez-moi, c’est du sport !!)

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  7. Me voilà émue à à peine 7h du mat … chouette article

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  8. Fromage wrote:

    tu as trouvé la définition du véritable luxe: pouvoir se dire que nous, on a plus besoin (ou presque) d’une journée des femmes… on est des privilégiées…

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