Comment j’ai rompu avec mon prestataire…

pippi Puisqu’on me rappelle à l’ordre dans les commentaires du billet précédent, comme quoi j’aurais perdu momentanément mon côté « sale peste de pippi langstrump », je me sens obligée de revenir avec du croustillant, du « Camille d’Essayage est une sale teigne insupportable »!
Dédicace spéciale pour Valintatalo, témoin n°1 de mon caractère de cochon*!

Je vais vous parler de mon travail d’agent secret, une fois n’est pas coutume. En tant qu’agent secret ou chef du monde, parfois il faut être méchante. Ou ferme. Ou très très ferme. Ou teigneuse, quoi. Oui, j’avoue.

Aujourd’hui, c’était un jour comme ça. Un jour où tu dois prendre ton prestataire d’un an entre deux yeux et lui dire que non, définitivement, rien n’est plus possible entre vous. Non, non, je vous jure, rien.

Et moi, en tant que chef du monde undercover, j’aime beaucoup faire ça, parce que c’est un super entrainement pour devenir encore plus forte et méchante. Et le pire, c’est que plus j’avance et plus j’aime ça et plus je deviens forte. Parce qu’en fait, négocier une rupture avec un prestataire, un fournisseur (ou même un collègue, je suis sûre que ça peut arriver), c’est exactement comme casser avec un mec (mais si, le genre bien lourd à qui vous faisiez déjà une fleur de sortir avec!).

Leçon en 10 points.
Vous n’êtes peut-être pas chefs du monde (ça se saurait, hein!) mais je suis certaine qu’un jour cela vous servira, ne serait-ce que pour annoncer à votre coiffeuse que c’est fini, vous allez en trouver une autre. Dur, dur…

Rompre avec son prestataire, c’est :

  1. Refuser ses avances. Il vous sent venir avec vos « il faut qu’on parle » et veut vous inviter au restaurant. Non, vous avez faim, vous adoooorez vous faire payer des bons repas, mais la corruption, non merci, elle ne passera pas par moi! (ou alors à coup de foie gras et places de théâtre!) La discussion, ça sera entre 4 yeux, et pas un verre de macon blanc à la main.
  2. Eviter de s’impliquer personnellement. Le prestataire est malin, il sait qu’il a tort mais arrive en sifflotant et s’affale à votre bureau, genre « allez, chérie, tu vois bien qu’on est trop biens tous les deux, viens dans mes bras… ». Que nenni, « On va se voir dans le bureau d’à côté, ce sera mieux. » Un bureau blanc, vide, froid, avec rien d’autre dessus que LE dossier, celui qui vient de vous faire perdre 6 mois.
  3. Préparer ses arguments. C’est fini, un point c’est tout, et pas la peine de tergiverser, d’ailleurs je te le prouve, il y a ça qui ne va pas et puis ça, ça, ça, ça et ça. Bref, rends moi les clés (du dossier) et casse toi!
  4. Faire du soutien moral. Allez, on est tous passé par là alors « Naaan, c’est pas ta faute, je ne te remets pas en cause personnellement, mais là, tu vois, ma confiance est brisée… » (limite si je pourrais un jour retravailler avec un presta, oui, oui, t’y crois!)
  5. Sortir ses alliés. Le presta comme tout largué s’accroche et pleurniche « c’était pourtant si bien parti entre nous… ». Oui, oui, cause toujours… « Même mes collègues et la Responsable de TrucMuche ont dit que le dossier était inutilisable tel quel! »
  6. Ne jamais flancher. Après un argument choc, le presta se tait, penaud. On pourrait l’aider, relancer la conversation. Non, on se tait. Ou alternativement on tapote sur le bureau du bout des ongles, histoire de détendre l’atmosphère…
  7. Rester ferme jusqu’au bout. Quand tout est fini, il y croit encore. Oui, comme l’amant éconduit qui essaye encore de vous entrainer au lit pour un dernier round. Mais non, ta carte de visite, je la veux même pas. Non, non, ne me rappelle pas. Ce serait plus dur encore pour nous deux. Je te jure.
  8. Ne pas perdre de vue son objectif. Oui bon, sèche tes larmes. OK, ça va aller. Oui, oui je t’aime toujours (…comme ami). Et euh, tu penses bien au courrier de cession de contrat, s’il te plaît? Oui, oui, avec accusé de réception. Tu seras gentil.
  9. Passer au final pour la gentille. Allez, c’est pas toi, c’est moi, tu sais, j’ai pas la tête à ça en ce moment… Oui, on s’appelle, pas de problème. Un resto, oui, un jour, OK, mais non je ne t’en veux plus.
  10. Serrer la main, sourire poliment, ouvrir la porte, et tourner les talons, vite!
Maintenant, si quelqu’un ici me trouve toujours gnangnan, qu’il lève la main!!

Et vous, là, quel négociateur êtes-vous?
En mode business vous êtes comment?
* ou de cochonne, spéciale dédicace à Jojo de Reims, au Bar des Amis!! (Si vous voulez la suite de cette histoire et savoir comment en un week-end, je me suis fait traiter de cochonne, de pétasse et d’insupportable peste, votez 2!)

Merci à Sarah Mensinga pour l’image!

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8 commentaires

  1. Marie D wrote:

    je suis un désastre, je suis bcp trop gentille, ça me fait mal au ventre quand je dois faire ça (sauf avec les worldcompagnies qui nous entubent style téléphone, électricité… là curieusement je me lache!)
    je vais en formation d’assertivité ce samed pour faire de moi une vraie polie-mais-méchante-quand-il-faut je vous raconterai ;-)

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  2. Mlle E wrote:

    Je me mets pas en mode business, je me sens pas à l’aise. Je laisse les autres défendre mes intérêts…

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  3. silphi wrote:

    Est-il vraiment besoin que je réponde ? ^^

    L’essentiel de mon travail passe par « impact & influence », donc j’alterne les deux points de vue jusqu’à obtenir ce que je veux.
    Pour les ruptures de contrat, je n’ai aucun soucis moral. (ha on me dit dans l’oreillette que c’est parceque je n’ai pas d’autre morale que le business quand je suis au taf ^^)

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  4. Myrtille wrote:

    • Je vote 2 …
    • Pour le sondage tu as oublié « je commente chez vous »
    • Moi à part le sourireemail diamant, j’ai pas encore trop de technique pro … contrairement aux techniques de drague !!!

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  5. Mademoiselle C. wrote:

    Heu je donne plus de nouvelles ?? C’est pas glorieux ma technique hein, je sais bien…
    Sinon je vote 2 ;)

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  6. CamilleDEssayage wrote:

    @ marie d : Une « formation d’assertivité »?! Eh ben, c’est chouette la World Company! Moi mon seul moyen c’est de tester sur mes pauvres prestataires…

    @ mlle e : Et ça marche?? T’as de la chance, moi j’ai l’impression de ne pouvoir compter que sur moi-même, dans ces cas là.

    @ silphi : Ca, ça ne m’étonne absolument pas! Je suis plus peste que toi, mais tu es encore plus immoral!

    @ myrtille : Oui, je vois ça!! En tout cas, pour décrocher des contrats, je suis sûre que ta technique peut s’adapter! Tu ne crois pas?

    @ mademoiselle c : Pas très glorieux, non, mais efficace!

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  7. Silphi wrote:

    Je proteste, je ne suis pas immoral. Juste qu’au boulot, ben on est là pour taffer c’est tout. Donc je suis plus amoral ;o)

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  8. jahzz wrote:

    je vooooooote 2 !
    Silphi> tu n’es pas immoral. on dira juste pudiquement que tu as une morale différente.

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